La reprise des cours prévue le 1er septembre 2026 continue de susciter des réactions en Ituri, où l’épidémie de maladie à virus Ebola alimente les inquiétudes concernant la sécurité sanitaire dans les établissements scolaires.
Après l’Intersyndicale des enseignants de l’Ituri, l’ancien député provincial Kiza Ndjaza Dieudonné, également présenté comme notable de la province dans le territoire de Djugu, s’oppose à son tour à la rentrée scolaire.
Dans une déclaration rendue publique mercredi, il demande que la reprise des cours soit reconsidérée dans les établissements scolaires de l’Ituri, tant que des garanties suffisantes ne sont pas apportées sur la situation épidémiologique.
L’ancien élu demande notamment davantage de transparence de la part des autorités sanitaires sur les données relatives à l’épidémie d’Ebola en Ituri.
Il exprime également des réserves sur l’option d’enseignement à distance évoquée par la ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Raïssa Malu, notamment dans les zones affectées par l’épidémie.
Selon lui, cette formule pourrait poser des difficultés aux familles dont les parents ne savent pas lire et écrire et qui comptent sur l’école pour assurer l’apprentissage de leurs enfants.
« Si les parents doivent aller prendre les notes après chaque deux semaines, que serait le sort des parents qui ne savent pas lire et écrire dans cet apprentissage ? », s’interroge-t-il.
Kiza Ndjaza estime également que le suivi pédagogique à distance pourrait être difficile pour les enseignants, particulièrement lorsque ceux-ci encadrent un nombre élevé d’élèves et que l’accès à Internet demeure limité.
« Un enseignant qui encadre plus de 50 élèves ne sera pas à mesure de suivre l’évolution de l’apprentissage à distance, surtout sans réseau Internet », soutient-il.
L’ancien député appelle enfin les parents à la vigilance face à l’évolution de la situation sanitaire et aux modalités envisagées pour assurer la continuité de l’enseignement.
Cette prise de position intervient quelques jours après celle de l’Intersyndicale des enseignants de l’Ituri, qui avait également exprimé son opposition à la reprise des cours en raison de la persistance de l’épidémie d’Ebola.
Lydia Combe

