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    Le tronçon Komanda-Luna reste l’un des axes importants reliant la province de l’Ituri au Nord-Kivu, en passant par les territoires d’Irumu et de Beni. Long d’un peu plus de 85 kilomètres, cet axe facilite notamment les échanges commerciaux entre les deux provinces.

    Mais derrière son importance économique, la route porte encore les traces d’un passé douloureux. Plusieurs attaques attribuées principalement aux rebelles ADF ont profondément marqué les villages traversés. Presque chaque localité semble garder une cicatrice de cette période.

    Le 16 août 2026, une visite de terrain sur cet axe a permis de constater une situation contrastée : des villages qui reprennent timidement vie, des habitants de retour, mais aussi des maisons abandonnées, affaiblies ou incendiées qui rappellent encore les violences passées.

    Une vie qui reprend timidement

    De Sokotano à Ngereza, des signes de retour sont visibles. Des habitants ont regagné leurs villages et certains recommencent à vaquer à leurs occupations.

    Au Pont Loya, les services de l’État sont opérationnels. La Police de circulation routière, notamment, y est présente. Des habitants y vivent également après avoir regagné leurs milieux à la suite des déplacements provoqués par l’activisme des groupes armés.

    Dans plusieurs villages de cette partie de la chefferie des Walese Vonkutu, des militaires des FARDC sont également visibles.

    Pourtant, la circulation reste faible. Au moment du constat, rares sont les véhicules rencontrés sur cet axe.

    Les cicatrices restent visibles

    Le long de la route, les signes des violences sont encore nombreux. Des maisons abandonnées côtoient des habitations affaiblies. D’autres ont été incendiées.

    Au chef-lieu de la chefferie des Walese Vonkutu, l’ambiance reste particulièrement faible. Une partie du bâtiment administratif, incendiée et attribuée aux ADF, rappelle une histoire encore douloureuse pour la population.

    À l’entrée d’Ofaye, deux roulades accueillent les passagers.

    À Manzobe, les trois antennes présentes sur le site rappellent elles aussi un passé difficile. Pourtant, au centre, le mouvement a repris. Des habitants observent, d’autres vaquent à leurs occupations.

    À Ndimo, malgré les cicatrices laissées par les événements passés, la vie continue.

    À Mahala, le premier cortège de camions apparaît. Une voiture en panne tente, elle, de poursuivre son chemin.

    À Ottomaber, le marché donne le ton

    Il est 9 heures, ce 16 août, lorsque nous arrivons à Ottomaber. Peu avant le centre, une patrouille diurne est visible.

    Au marché, l’activité a déjà commencé. Des articles sont exposés et les habitants vaquent à leurs occupations. La scène contraste avec les images de villages encore marqués par les violences.

    Un autre constat attire l’attention le long de l’axe : les barrières où les passagers sont tracassés semblent peu nombreuses. Très peu, au moment de notre passage.

    À Ndalya également, la vie a repris, même si elle n’est plus tout à fait comme avant les exactions attribuées aux ADF.

    Luna, entre deux provinces

    À 10h45, nous sommes à Luna.

    Les premiers éléments visibles sont ceux de l’armée ougandaise. Ici, Luna constitue le point de séparation entre l’Ituri et le Nord-Kivu.

    Mais cette frontière entre les deux provinces révèle aussi une autre préoccupation.

    Alors que l’Ituri fait face à l’épidémie d’Ebola, qui a également touché le Nord-Kivu, le dispositif de prévention sanitaire observé à cette barrière apparaît faible.

    Le lavage des mains n’est pas rigoureux et le contrôle de la température n’est pas visible de manière stricte. Sur place, on aperçoit une très petite cantine installée sur un aménagement rudimentaire avec de l’eau.

    Une route qui se relève, mais qui n’a pas encore tourné la page. De Komanda à Luna, le constat est donc partagé.

    La vie revient progressivement dans plusieurs villages. Des habitants sont de retour, les marchés fonctionnent, les services de l’État sont présents dans certains endroits, les militaires sont visibles et les véhicules recommencent à circuler.

    Mais les traces des violences restent omniprésentes.

    Maisons abandonnées, habitations incendiées, bâtiments administratifs détruits et faible circulation témoignent encore des difficultés rencontrées par les populations de cet axe.

    Komanda-Luna n’est donc pas encore redevenu ce qu’il était avant les violences. Mais, au fil des villages, un autre visage apparaît : celui d’une population qui tente de reprendre sa vie, malgré les cicatrices laissées par les années d’insécurité. Un appel est lancé aux autorités compétentes car les bruits de bottes se font encore entendre dans cette chefferie.

     

    Verite Johnson sur le tronçon Komanda-Luna

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