La communauté Yira, regroupant principalement les membres du peuple Nande établis en Ituri, dénonce une recrudescence des braquages, vols à main armée et cambriolages visant, selon elle, plusieurs de ses membres, notamment des commerçants à Bunia.
Dans un bilan présenté à la presse ce jeudi 13 août 2026 à Bunia, la communauté affirme avoir recensé au moins 32 cas d’insécurité entre janvier et août 2026. Les faits signalés concernent notamment des braquages, des vols à main armée et des cambriolages de commerces dans plusieurs quartiers de la ville, dont Kasegwa, Nzere et Kolomani.
Le dernier incident cité remonte au 11 août. Un shop de transfert d’argent appartenant à l’un des membres de la communauté Yira a été cambriolé au rond-point Fina, dans la commune de Mbunya. Des hommes armés ont emporté une importante somme d’argent avant de prendre la fuite.
Face à cette situation, le président de la communauté Yira en Ituri, Ezéchiel Mufalme Muke, appelle les autorités à renforcer la protection des civils et à diligenter des enquêtes pour identifier les auteurs présumés de ces attaques.
« Nous payons régulièrement les taxes à l’État. En contrepartie, nous exigeons la sécurité. Nos membres ne peuvent plus vaquer librement à leurs activités par peur d’être attaqués », a-t-il déclaré.
Le responsable communautaire estime que la répétition de ces incidents alimente un climat d’inquiétude parmi les commerçants concernés et pourrait pousser certains d’entre eux à envisager de quitter Bunia.
Des inquiétudes autour de la stigmatisation
La communauté Yira dénonce également ce qu’elle considère comme des amalgames visant certains de ses membres. Ezéchiel Mufalme Muke affirme que des membres de la communauté sont parfois présentés comme de présumés collaborateurs des ADF dans la région de Mambasa, sans éléments de preuve selon lui.
Il appelle ainsi à éviter toute stigmatisation communautaire susceptible d’aggraver les tensions dans une province déjà confrontée à l’insécurité.
La communauté Yira dit rester disposée à collaborer avec les autorités provinciales, militaires et les services de sécurité pour contribuer à la sécurisation de la population. Elle invite également ses membres à renforcer leur vigilance et à collaborer avec les forces de l’ordre.
Elle appelle enfin la population de Bunia à ne pas céder aux divisions communautaires et demande aux autorités de prendre des mesures concrètes pour prévenir de nouveaux actes de criminalité.
Lydia Combe / Nickson Manzekele

