À quelques semaines de la rentrée scolaire en République démocratique du Congo, le territoire de Mambasa, dans la province de l’Ituri, fait face à une situation préoccupante. Alors que les autorités et les parents se préparent à la reprise des cours, plusieurs écoles et salles de classe restent occupées par des populations déplacées qui y trouvent encore refuge. L’activisme des ADF en est la principale cause.
Depuis le 5 janvier 2026, les attaques attribuées aux ADF se sont multipliées dans cette partie de l’Ituri. Ces incursions répétées ont provoqué d’importants déplacements de population. Des villages entiers se sont vidés, laissant derrière eux des champs abandonnés et des familles sans ressources. Pour beaucoup, la vie quotidienne est devenue un combat pour la survie.
Cette situation d’insécurité a eu un impact direct sur l’éducation. Plusieurs enfants ont abandonné l’école au cours des derniers mois. D’autres n’ont tout simplement plus accès à leurs établissements, transformés en sites d’hébergement de fortune. L’école, qui devrait être un lieu d’apprentissage, sert désormais de refuge à des familles ayant fui les violences.
Sur le terrain, le constat est amer pour les familles qui tentent de regagner leurs bases. Dans certaines écoles, les salles de classe sont encore occupées par des déplacés qui n’ont nulle part où aller. Pire encore, des bancs et pupitres sont utilisés comme bois de chauffage, faute de moyens et de conditions d’accueil adaptées. Le matériel scolaire se détériore ainsi au fil des jours.
L’appauvrissement des ménages vient aggraver davantage la situation. Avec l’impossibilité d’accéder aux champs, de nombreux parents ne savent plus comment subvenir aux besoins essentiels de leurs enfants. La peur de nouvelles attaques des ADF maintient une grande partie de la population dans l’incertitude et freine tout retour à la normale.
Face à cette crise, l’Association pour la Promotion des Droits des Enfants et Femmes vulnérables (APEDEF/Mambasa) lance une alerte aux autorités compétentes. L’organisation insiste sur l’urgence de rétablir la paix dans la zone afin de permettre une rentrée scolaire effective. Sans sécurisation des écoles et des villages de retour, prévient-elle, des milliers d’enfants risquent de connaître une nouvelle année blanche.
Pour Rams Malikidogo, son répondant, la priorité est claire : désengorger les écoles, réhabiliter les infrastructures endommagées et permettre aux familles de reprendre leurs activités. Ce n’est qu’à cette condition que les enfants pourront réintégrer leurs écoles respectives et rattraper le temps perdu. L’éducation ne peut plus attendre, souligne l’organisation.
À Bunia comme à Mambasa, la société civile se joint à cet appel. Elle demande aux autorités de sécuriser les zones de retour et de garantir l’accès à l’éducation pour tous. Car pour les habitants, la véritable reprise des cours ne sera possible que le jour où les écoles redeviendront des lieux d’apprentissage, et non des refuges de fortune.
Nickson Manzekele

