Une pharmacienne est décédée dans la matinée du jeudi 6 août à Bunia, après avoir été orientée vers une structure sanitaire dans un contexte marqué par l’épidémie de maladie à virus Ebola.
Selon les informations rapportées par la Société Civile du Congo (SOCICO), la victime travaillait à proximité de la clinique où elle s’est présentée. Très affaiblie à son arrivée, elle n’aurait pas pu franchir l’entrée de l’établissement. D’après nos sources, la clinique ne l’aurait pas prise en charge en raison d’un manque d’équipements de protection individuelle (EPI), indispensables en cette période d’épidémie.
Dans un communiqué, la SOCICO dénonce une situation préoccupante et appelle au renforcement des capacités des structures sanitaires afin de garantir un meilleur accès aux soins.
L’organisation indique que la pharmacienne avait exercé normalement ses activités durant la journée du mercredi 5 août. C’est vers une heure du matin qu’elle aurait été victime d’un brusque malaise, nécessitant son évacuation en urgence vers une structure de santé.
À son arrivée à la clinique Saint-Valentin, le personnel soignant aurait évoqué l’insuffisance d’équipements de protection individuelle (EPI), dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui touche actuellement la province de l’Ituri. La patiente aurait alors été orientée vers le Centre de traitement Ebola (CTE) pour une prise en charge spécialisée.
Malheureusement, elle est décédée alors qu’elle attendait l’ambulance chargée de son transfert vers le CTE, rapporte la SOCICO.
Pour l’organisation citoyenne, ce drame met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontées les structures sanitaires de première ligne en pleine crise sanitaire.
Appel à renforcer les structures sanitaires
À la suite de ce décès, la Société Civile du Congo, coordination d’Irumu, appelle les autorités compétentes ainsi que les partenaires engagés dans la riposte contre Ebola à prendre des mesures urgentes.
Elle recommande notamment de doter les structures sanitaires de première ligne en équipements de protection individuelle et en matériels médicaux adaptés, afin de permettre au personnel soignant d’assurer les premiers soins dans des conditions de sécurité.
La SOCICO plaide également pour un renforcement de la formation du personnel de santé sur les protocoles de triage et de prise en charge. Selon elle, dans le contexte actuel, la crainte d’Ebola peut influencer l’accueil et l’orientation des patients.
L’organisation estime que les personnes présentant des symptômes compatibles avec ceux de la maladie doivent bénéficier d’une évaluation médicale appropriée et être orientées conformément aux protocoles sanitaires, sans que cela n’entraîne une psychose susceptible de retarder la prise en charge d’autres pathologies.
« Ces mesures indispensables permettront non seulement de briser efficacement la chaîne de transmission, mais aussi et surtout de garantir l’accès aux soins de santé pour tous les malades, y compris ceux souffrant d’affections non concernées par l’épidémie d’Ebola », souligne la Société Civile du Congo.
Elle invite enfin les autorités sanitaires et les partenaires de la riposte à tirer les enseignements de cet incident afin de renforcer à la fois la prévention contre Ebola et la continuité des soins pour l’ensemble de la population.
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